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samedi, 31 mai 2008
4° PARTIE de GUERRE DES SABLES 1963 - MAROC/ALGERIE -
La défaite de l'alliance algéro-égyptienne, et l'avantage initial remporté sur le terrain par le Maroc,en deux semaines de confrontations interposées,entre les Forces Armées Royales et l'Armée Nationale Populaire Algériennes,dans ce coup de force,dont l'appellation qui lui est baptisée " Guerre des sables ",nous conduisent à voir et revoir les retembées de ce conflit,sur les officiels d'Algérie et du Maroc,et sur leurs peuples. Les visiteurs-internautes,vont m'excuser,si je retourne un peu en arrière pour décrire quelques moments forts entre les F.A.et l'A.N.P.A pour conforter l'idée générale de cet incident houleux.et faire une coordination mentale entre les parties et notes précédentes.
Bien que nous somme efforcés d'enrichir les écrits et les notes par des réalités en ce domaine,qui relève de l'histoire contemporaine de cette région de l'afrique du nord,nous devons nous placer, avant tout d'un point de vue psychologique et moral, dépeindre l'action de feu Hassan II sans parler de sa politique étrangère serait l'amputer de ce qu'elle offre de plus intéressant.
Décidé à pratiquer une politique de « non-engagement », S.M.Hassan II a effectué de nombreux voyages à l'étranger, soit pour y régler des contentieux consécutifs à la décolonisation, soit pour y obtenir une aide économique susceptible d'accélérer le développement du pays, soit encore pour expliquer aux gouvernements étrangers les raisons pour lesquelles le Maroc ne tenait pas à s'associer à une « politique de blocs » : de Washington, à Bruxelles, de Madrid à Paris à Moscou,où il a établi des contacts fructueux avec le trio,MM. Podgorny, Brejnev et Kossyguine.dans une partie de ce qui va suivre dans cette note.qui décrit en bref les bonnes offices des sages de lAfrique
Mais c'est surtout dans le domaine de la politique africaine que son action s'est manifestée avec le plus de satisfaction.
Sa Majestée le Roi feu Mohammed V, comme nous le savons, était mort sans avoir pu régler le problème des frontières méridionales du royaume. Il avait refusé, à plusieurs reprises, de discuter cette question avec les autorités françaises,en déclarant par sa bonne foi,qu'elle relevait exclusivement de l'Algérie et qu'il attendrait que celle-ci ait accédé à l'indépendance pour fixer par des conversations directes les limites définitives entre les deux pays. La mort prématurée de Mohamrned V et le prolongement de la guerre d'Algérie n'avaient pas permis de pousser les choses plus loin. Le 6 juillet 1961, c'est-à-dire quatre mois après son accession au trône, Hassan II avait conclu un accord avec Ferhat Abbas, alors président du gouvernement provisoire de la République algérienne. Par une lettre ; adressée au roi du Maroc, le représentant de l'Algérie reconnaissait « le caractère arbitraire de la délimitation imposée par la France aux deux pays » et spécifiait que « les accords qui pourraient intervenir à la suite de négociations franco-algériennes ne sauraient être opposables au Maroc, quant aux délimitations territoriales algéro-marocaines ». L'accord stipulait en outre que la question serait résolue par voie de négociations et qu'une commission paritaire serait constituée à cet effet, dès que l'Algérie aurait accédé à l'indépendance.
En juillet 1962, au lendemain de la signature des accords d'Évian qui faisaient de l'Algérie un État indépendant, Ferhat Abbas avait été évincé du pouvoir et tous les engagements pris antérieurement par lui considérés comme nuls et non avenus. Lorsque le gouvernement marocain s'était tourné vers Alger pour demander la constitution de la commission chargée de régler le problème des frontières, il s'était vu opposer une fin de non-recevoir catégorique. Ben Bella, qui avait succédé à Ferhat Abbas, et les chefs du nouveau gouvernement algérien affirmaient:
1) Qu'au vu des traités internationaux conclus avant l'instauration du protectorat et dont le plus ancien remontait à 1767, jamais aucun souverain chérifien n'avait prétendu exercer sa souveraineté au-delà de ;"!'Oued Noun, situé bien au nord de la ligne frontalière «actuelle».
2) Que l'Algérie aurait pu mettre fin beaucoup plus tôt aux combats qui l'avaient ensanglantée pendant six ans si elle s'était contentée de la partie septentrionale du territoire et avait renoncé au Sahara.
3) Que c'était seulement lorsque la France avait consenti à inclure le Sahara dans son territoire national que l'Algérie avait déposé les armes et qu'en conséquence de nombreux Algériens étaient morts pour atteindre cet objectif.
4) Que la République algérienne étant « une et indivisible » il n'était pas question de céder un seul pouce de son territoire et que, au surplus, le chef de l'État algérien ayant juré sur le Coran - c'est-à-dire sur ce que les musulmans en général, avaient de plus sacré - de maintenir envers et contre tout l'intégrité du patrimoine national, il était impossible de violer cet engagement sans commettre un parjure.
Comme on le voit, L'Adjudant Ben Bella,le successeur de Ferhat Abbas,et de Youssef Ben khadda faisait montre d'une intransigeance inattaquable et fermait résolument la porte à tout règlement négocié. « Quand a-t-on jamais vu un État faire don d'une partie de son territoire à un autre État? demandait-ils. Le Maroc veut s'annexer une portion de l'Algérie ? Eh bien, qu'il vienne la prendre ! Il verra comment il y sera reçu... »
Ulcéré,bouleversé par cette attitude si peu conforme aux scrupules qui avaient empêché son père de régler le problème avec le gouvernement français, le feu Hassan II crut pouvoir trancher la question par lui-même. Dans la dernière quinzaine d'octobre 1963, et suite aux alertes de ses services de renseignements qui enregistraient des mouvements inhabituelles des Algériens,il fit occuper par de petits détachements symboliques ds Forces Armées Royales certains points de garde situés dans la zone désertique qui s'étendait entre la Hamada du Draa et la Hamada de Guir limitrophe de Colomb-Béchar.Comme cette région avait été de tout temps dans la mouvance de l'Empire chérifien du Maroc, il n'avait nullement l'impression de pénétrer dans un pays étranger. L'opération s'effectua sans difficulté, car les postes étaient vides et il n'y avait aucune unité algérienne dans les parages.
Lorsque le gouvernement algérien apprit cette nouvelle, sa réaction fut immédiate. Il ameuta son opinion publique en annonçant à la radio que l'armée marocaine avait franchi la frontière et occupait indûment une portion du territoire national(Cela et redit par Ben Bella dans l'émission Grand/Angle de 2M(2°chaîne de télévision Marocaine) ce jeudi 29 mai 2008, consacrée aux expulses d'algérie de Boumédiane en 1975). Quarante-huit heures plus tard, des formations de l'A.L.N.A débouchaient dans la région. Au lieu de rester l'arme au pied en face des postes marocains, en attendant un arbitrage, elles les attaquèrent nuitamment et massacrèrent les Mokhaznis des points d'eau de Hassi Beida et de Tinjoub,comme je soulignait dans une des précédentes parties. elle essaya de faire de même aux chefs des détachements des F.A.R le long de la frontière de Ouarzazat à Figuig,mais. Les soldats Marocains répliquèrent durant, par des feux nourris. Le sang commença à couler de part et d'autre à Figuig et ailleurs., à Figuig qui fut la cible principale cette fois-ci,bombardié aux mortiers égyptiens. De nouvelles formations de l'A.L.N.A. accoururent à la rescousse. Durant toutes les journées suivantes, les Algériens renouvelèrent leurs attaques, mais sans pouvoir entamer ou franchir la ligne de défense des Marocains très organisées,qui avaient reçu eux aussi des renforts.. Le colonel Driss Ben omar à l'avant-garde. Finalement, ils s'essoufflèrent. L'ALNA était constituée de groupes de volontaires habitués à la guérilla. Elle était insuffisamment rompue à la guerre classique pour pouvoir tenir tête à l'armée royale marocaine, bien encadrée et dotée d'un armement supérieur. Lorsque les Forces armées royales passèrent à la contre-attaque, elles culbutèrent les formations algériennes, qui se dispersèrent à tort et a travers, dans toutes les directions. « II n'y avait plus rien devant nous, devait déclarer plus tard un officier marocain actuellement à la retraite. La voie était libre. Si Sa Majesté nous avait donné l'ordre d'aller de l'avant, nous aurions pu marcher sur Alger sans rencontrer d'obstacle. »
Mais cet ordre, le roi ne le donna pas ,on avait reçu au contraire son fameux ordre de rigueur donné à Driss Ben Omar ajoutait-il!. S.M. le roi n'avait jamais été dans ses intentions de déclencher une guerre algéro-marocaine. Il avait simplement voulu occuper une position favorable pour amener les Algériens à accepter la négociation. Il savait que la partie était loin d'être gagnée. Les meilleures unités algériennes étaient retenues en Kabylie, où l'opposition à Ben Bella avait voulu profiter de la situation pour fomenter une révolte. Lorsque ce soulèvement aurait été maté - ce qui ne tarderait guère -, ces unités se retourneraient vers l'ouest pour affronter les Marocains.sous la conduite d'un certain colonel Belhaj,originaire de la Chawiya,en face de la Kabylie.Son nom est connu,après que Ben Bella le dévoilait sur les ondes de la radio algérienne,en disant " Ceux qui disent que le colonel Belhaj -raho fjbal- le voilà, je l'envoie aujourd'hui à Clomb-Béchar avec 4 bataillons ".
De plus, cet affrontement armé entre deux pays frères avait soulevé une émotion intense dans toutes les capitales arabes. La situation était si tendue que la Mauritanie de Mokhtar oul daddah se sentit en danger et se tourna vers Alger pour lui demander son assistance. En quelques jours, et à l'éffet que l'algérie vient de se soulever,à peine d'une guerre de libération sanglante. Le Maroc se trouva isolé. C'est pourquoi il trouva préférable de ne pas exploiter à fond l'avantage initial qu'il avait remporté sur le terrain. Toute nouvelle avance de ses troupes aurait débouché sur le chaos.
Convoquée d'urgence par l'empereur d'Ethiopie, agissant en tant que président de l'O.U.A, l'Organisation de l'unité africaine, une conférence quadripartite se réunit à Bamako (29-30 octobre 1963). Elle comprenait, outre Haïlé Sélassié, Sa Majesté HASSAN II,le roi du Maroc, le président Ben Bella et M. Modibo Keita, président de la République du Mali. A l'issue des entretiens qui prirent par moments un caractère orageux, les quatre chefs d'État africains décidèrent :
1) L'arrêt effectif des hostilités et l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, à compter du 2 novembre, à zéro heure.
2) La constitution d'une commission composée d'officiers marocains, algériens, éthiopiens et maliens, qui déterminerait une zone au-delà de laquelle les troupes engagées seraient retirées.
3) La constitution d'un corps d'observateurs maliens et éthiopiens chargés de veiller à la sécurité et à la neutralité de la zone démilitarisée.
4) La réunion, dans les plus brefs délais, des ministres des Affaires étrangères des États-membres de l'Organisation de l'unité africaine, afin de constituer une commission spéciale qui aurait pour mission :
a) de situer les responsabilités dans le déclenchement des hostilités;
b) d'étudier le problème des frontières et de soumettre aux deux parties des propositions concrètes pour le règlement définitif de cette affaire.
Les quatre chefs d'État décidèrent en outre :
1) La cessation par l'Algérie et par le Maroc de toute attaque publique, par voie de presse ou de radio, à compter du 1er novembre 1963, à zéro heure.
2) L'observation stricte du principe de non-ingérence dans les affaires des autres États;
3) Le règlement par voie de négociation de tout différend susceptible de survenir entre États africains.
Pour bien marquer qu'il n'y avait ni vainqueurs ni vaincus, le protocole final tint à souligner que les conversations s'étaient déroulées « dans une atmosphère amicale ».
Mais lorsque la commission spéciale prévue à Bamako voulut se réunir pour apporter un règlement définitif au problème frontalier, elle n'aboutit à rien. Les avis se partagèrent et le litige demeura entier. L'opération militaire avait failli déboucher sur le chaos; l'action diplomatique débouchait sur le vide.
Alors S.M.Le Roi Hassan II se dit que, pour sortir de cette impasse, il fallait repenser le problème de fond en comble et le transposer sur un autre plan. On ne peut qu'admirer la largeur de vues avec laquelle il procéda à cette révision. Il paria que l'intelligence et la raison finiraient par l'emporter sur l'esprit de revendication territoriale et que les nécessités de la coopération économique remplaceraient « les vieux rêves de grandeur et de sable ». C'était un pari risqué et d'autant plus méritoire que le jugement que l'Histoire porterait sur son règne dépendrait, en fin de compte, de son échec ou de sa réussite. Pourtant, il n'hésita pas. Il avait pris conscience des dimensions du problème. De par sa nature et sa complexité, il n'était pas un de ceux que l'on pouvait résoudre à coups de canon. En revanche, lui apporter une solution durable assurerait à l'Algérie et au Maroc un avenir lumineux.
Réduit à l'essentiel, il pouvait se formuler comme suit : nul ne pouvait contester que le territoire revendiqué à la fois par le Maroc et l'Algérie n'ait entretenu depuis le XIe siècle des liens beaucoup plus étroits avec l'Empire chérifien qu'avec l'Algérie, ne serait-ce que parce qu'à cette époque l'Algérie ne formait pas encore un État organisé. Mais il était non moins indéniable que le partage des territoires pratiqué par la puissance colonisatrice - et qui se trouvait concrétisé par les accords d'Évian - avait placé cette région à l'intérieur des frontières algériennes. Modifier cet état de choses par la force était impensable. Chaque fois qu'on le tenterait, les instances internationales interviendraient pour imposer un cessez-le-feu aux belligérants. Qu'en recueillerait-on pour finir? Rien que des ressentiments supplémentaires et des morts inutiles...
En vertu des discussions fructueuses du feu HASSAN II au Kremlin, et à côté de ces ombres, les éléments positifs : le bassin de Tindouf contenait dans son sous-sol d'énormes richesses minières. On y trouvait du fer d'excellente qualité, notamment le gisement de Ghar Garat-jebilet, un des plus riches du monde, puisque les experts évaluent ses réserves à deux milliards de tonnes et que la teneur en fer du minerai est de 65 % (contre 35 % pour le minerai de l'Alsace-Lorraine dans le nord de la france). Ce gisement était suffisant, à lui seul, pour assurer la prospérité des peuples de l'Algérie et du Maroc, à condition d'être exploité d'une façon rationnelle,Un accord fut signé à cet éffet,par le Maroc et l'Algérie sous l'égide des Russ. Les techniciens voyaient déjà surgir, aux lisières du Sahara, une « Perle nord-africaine » susceptible de fournir du travail à plusieurs générations.
Ces projets ne relevaient pas de la fantasmagorie. On pouvait en chiffrer les résultats sur le papier. Comme le volume de ces minerais était beaucoup trop élevé pour pouvoir être consommé sur place, il fallait en prévoir l'exportation. Ceci posait le problème d'un débouché sur la mer. Or les ports algériens les plus proches, Arzew et Ghazaouet ', sont à 1300 kilomètres, Port-Étienne 2, en Mauritanie 3, à 1400 kilomètres, alors que les ports marocains de Tarfaya et Tan Tan se trouvaient respectivement à 400 et 515 kilomètres. (Une voie rejoignant ferrovière directement la côte,en traversant le territoire d'Ifni serait indispensablement réalisable,et plus courte et économique,lesRuss auraient fait engagement, mais elle posait le problème de l'enclave espagnole(notre Sahara Marocain actuel) Or le coût du transport de la tonne de minerai de fer avait une incidence directe sur son prix de revient.(à suivre,attendre d'autre partie)Chihab-25
08:19 Publié dans Coups de force - Maroc-Algérie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 74




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