lundi, 14 juillet 2008

LES MOUVEMENTS SANGLANTS DE MARS 1973

 

"((  L'AVANT DERNIER  ("JEU AU FEU ")  DU POUVOIR ALGECHIEN,ET CELUI DE KADDAFI CONTRE LE REGIME ROYAL MAROCAIN QUI, SURVIT ENCORE,ET POUR TOUJOURS, HAUT ET FORT DANS UN MAROC MULTIPLE,JOUISSANT DE LA GRANDEUR,,GRACE AU SOUTIEN ET ATTACHEMENT INDEFECTIBLES DES MAROCAINS AU TRONE ALAOUIT, ET AU COMMANDEUR DES CROYANTS. ))"

" اخلاصا  للثلاثي المقدس شعار المملكة  الذي يدمع عيون خصوم البلاد؛ الله  الوطن  الملك  "

 

Après l'échec des deux putschs  militaires de 1971 et 1972  et la sauvegarde du régime marocain de l'imbattable HASSAN II ,les algéchiens se sentaient trahis par le hasard qui les a encaissé des défaites successives dans leur attitude haineuse contre le Maroc ,les UNFPISTES  eux,errants entre Alger et Tripoli-west  qui traversent une période d'attente dégoûtante,et infructueuse, décidaient  en fin compte,de passer à une autre action pour se libérer, une fois pour toutes de leur situation incertaine,et de jouer leur dernière carte contre leur pays,en soutenant la thèse "" ça passe ou ça casse "".après avoir suffisamment préparé -selon leur fausse conviction- l'opinion publique nationale, à accepter d'autre frappe,cette fois victorieuse,  éliminant ainsi la monarchie marocaine ,croyant à l'efficacité et à l'influence de l'émission anti-nationale,qu'ils émettaient respectivement sur les ondes de la radiodiffusion algérienne d'Oran,et lybienne de tripoli.,sous le titre de " مغرب الشعوب " dont les frais de production fuent supportés par le fournisseur généreux lybien, et la  réalisation de Mohamed Basri ,alias  fkih Basri,porteur de passeports Irakien,algérien,lybien,lui permettant de circuler librement,dans tous les sens, pour  bien superviser et exécuter, ce qu'on lui dicte ,contre la monarchie marocaine de son pays ! une dure monarchie, qui dérange,vue par le mauvais oeil de ces pays se disant progressistes, et  qui croyaient à tort, que HASSAN II était facile à dévorer, comme c'était le cas de DRISS Snoussi, le roi bedouin de la lybie, écarté facilement par un coup d'état blanc mené par Kaddafi,et téléguidé par le révolutionnaire pharaon, Lbakbachi Jamal Abdenasser.(1/9/1969)

Une émission tant attendue tous les soirs par les réveurs Barkawi,et qui a vraiment enregistré ,tout  au long du Maroc, une large audition,surtout par ceux qui croyaient au miracle,qui rêvaient avec certitude aveuglante au mirage de changement,et à la disparition pure et simple du régime royal du feu HASSAN II ! Ceux qui durant toute cette campagne médiatique,dont le réalisateur et rédacteur en chef n'était qu'un simple ingénieur nommé Ait Kaddour,n'ont pas manqué d'alimenter régulièrement et avec beaucoup d'assiduité cette émission en informations mensongères fourbues, sur la complicité quotidienne de certains fonctionnaires du pouvoir public, et sur le comportement des forces de l'ordre, face aux militants unfpistes en cavale dans le pays.

Pour y arriver,les algéchiens et les unfpistes ,ont réussi à rallier à leur coté le  nouveau fou-tiersmondiste Kaddafi pour en profiter de sa poussée infantile, de son ignorance politique و سداجته  البينة tapant sur le cordon qui capte sa cervelle d'un nouveau venu au pouvoir, qui veut frivolement changer le monde, un jeune  colonel agité en soi-même,et l'utiliser comme -fer de lance- pour mener un autre coup au corps marocain,déjà criblé de balles.étant donné que la volonté  de ce miitaire révolutionnair anti-impérialisme,et à tendance anti-monarques , carractères qui planent en leur début dans son esprit jeune de montagnard,..! ,et que le pétro-dinar, en n'en manque ,ni à Alger ni à tripoli.

Une décision tri-partite est prise pour agir cette fois-ci sur terrain,et dès le début de l'année 1973 le Maroc qui traverse encore une période de choc,issue des deux coups d'état militaires avortés, ayant laissé des retombées psychologiques néfastes dans tout le pays.Un pays épuisé,qui se réveille une fois de plus,en face d'un autre cauchemar marqué par des actions armées dirigées contre des points névralgiques de l'état, visés dans certaines villes et campagnes. par les trois -soit-disant- militants et le fkih.

Au début du mois de mars 1973(Le 3 mars,jour de la fête du trône), des militants-opposants de l'UNFP traversent la frontière algéro-marocaine au niveau de la ville de FIGUIG, via KSAR ZENAGA, fief des UNFPISTES (?), et rejoignent l'Atlas,passant par la province de Ksar Es Souk, pour mener une action armée d'envergure contre le régime marocain. Ils seront encerclés ce 3 mars 1973 par les forces de l'ordre, de police,de gendarmerie royale,des forces auxiliaires, et de contingents d'élite des F.A.R.(Forces Armées Royales),à Goulmima, et à Aghbalou n'Kerdouss où  Mr.le Gouverneur de la province de Ksar Es Souk ( M'hamed Kifani) a transféré et implanté son bureau pour diriger de prés l'opération " chasse à l'homme", aussi à Aguelmouss et à Moulay Bouaaza dans les environs de Khénifra,dépendant administrativement de la province de Meknes. Plusieurs d'entre eux  dont Mahmoud Bennouna, Assekour Mohamed, Brahim Tizniti vont périr. D'autres militants risqueront leur vie en tentant de rejoindre l'Algérie.Le nommé  LOUZI haddou élément instigateur ,originaire de Goulmima a réussi avec la complicité du nommé Mohamed Benhida de Talsint, à s'échapper par la petite porte du village de Ain chouatter(Figuig)

Suite à ces évènements un grand nombre des Ittihadiyne seront arrêtés et huit d'entre eux, condamnés à mort, furent exécutés le 1er novembre 1973, jour de la fête du A3id Lakbir(jour de sacrifice du mouton). Il s'agit de : Omar Dahkoun, Abdellah Ben Mohamed, Aît Lahcen, Barou M'Barek, Bouchakouk Mohamed, Hassan El Idrissi, Moha Nait Berri, Taghjite Lahcen.Les tombes de Mohamed Benouna et Moulay Slimane Alaoui ont été découvertes dans un cimetière au quartier El Massira( éx-Hay agunane-Lahdeb) à Errachidia dans le Tafilalet, au sud-est du royaume.

A la suite de l'échec de leur mouvement armé contre le régime Marocain. Les deux insurgés en compagnie d'autres jeunes militants  unfpistes ont été abattus, en ce mois même de mars 1973, sous les balles de soldats dans un village au Moyen Atlas(Moulay Bouaaza prés de Khénifra. Mauvaise préparation pour les uns, trahison pour les autres sont les principales raisons avancées par certains pour expliquer cette issue pour de jeunes opposants ayant suivi des entraînements militaires en Syrie et en Algérie.

La localisation des tombes de Mohamed Benouna, alias Mahmoud, et de Moulay Slimane Alaoui a été précédée par la découverte récemment, à Ourzazate, de la tombe d'un autre membre de cette rébellion armée, à savoir Belkacem Ouazzane. Selon un communiqué émanant des services du Conseil consultatif des droits de l'Homme, la localisation de ces deux tombes est le résultat d'une enquête menée par une commission chargée du suivi des dossiers des disparus politiques.

Un travail qui a permis la découverte des tombes de certaines victimes des mouvements sociaux des années 1965 menés par les chars du Général DRISS Ben Omar, alors Gouverneur de Casablanca,  de 1981, 1984 et 1990 supervisés par DRISS Basri,ministre de l'intérieur. La localisation des tombes de Mohamed Bennouna et Slimane Alaoui servira à lever le voile sur une partie de l'histoire récente du Maroc encore méconnue et qui soulève bien des interrogations.

A partir du moi mai 1973 jusqu'au mois de septembre 1975 ,certains fugitifs UNFPISTES vivaient dans la clandestinité. Pendant cette période, il comprenaient l'erreur commise dans l'organisation des évènements de mars 1973. En 1975 l'U.N.F.P(Union Nationale des Forces Populaires) parti de toujours de Mr.Abdallah IBRAHIM, éx-premier ministre d'un des premiers gouvernements du Maroc indépendant, se scinda en deux, et l'U.S.F.P.(Union Socialiste des Forces Populaires) branche créée par Mr.Abderrahim BOUABID  éx-ministre de l'économie du gouvernement Abdallah IBRAHIM,et leader incontesté unfpiste, voit le jour par un accouchement césarien, avec une ligne trajectoire du mouvement  modéré-conservateur,qui optait  pour l'analyse critique de l'UNFP, condamnant sans équivoque ces évènements et leurs responsables,dénonçant le port d'armes contre le pays dans le combat politique du parti : « [...] L'expérience de mars 1973 a contribué à éclaircir les contradictions internes du Parti UNFP et à faire apparaître toute sa direction sous son vrai visage : une direction putschiste et aventuriste qui n'hésite pas à sacrifier des dizaines de militants dans une bataille incertaine.

Malgré tous les coups douloureux qu'a encaissé le régime marocain durant trois années successives,le Maroc se lève haut et fort,sain et sauf sous l'égide éclairée de son souverain,et continu à bâtir son fief comme si c'est rien passé,et badigeonner sa monarchie constitutionnelle,et veiller  aussi sur sa pépinière d'institutions et de démocratie.

Dans ce contexte,Le royaume du Maroc reste toujours  une terre clémente et miséricordieuse,une terre de pardon et de réconciliation pour tous les sujets de Sa Majesté le roi. Considérant que " ان الوطن غفور رحيم " tous ceux qui ont porté les armes,d'une façon ou d'une autre, contre leur pays le Maroc,ont bénéficie de graces royales (de S.M.feu HASSAN II ,que Dieu ait son âme, et de S.M.Le roi MOHAMED VI que Dieu le glorifie) et des pardons de notre patrie généreuse.., et  ont regagné successivement le pays -têtes basses,et sans condition aucune, pour vivre dans l'ambiance de la grande marge de liberté et de démocratie qui prévaut au Maroc  ..Ils occupent  actuellement dans cette nouvelle ère-Mohammadia, des grands postes dans les sillages de l'Etat, et sussent tranquillement le biberon, c'est du moins qu'on puisse faire pour eux,après avoir été passés par  (  سوق الكلام  Instance d'Equité et de Réconciliation  ) de DRISS Benzakri et de AHMED Harzni...(?). instance qui  organisait librement en première, des auditions publiques à Figuig,Errachidia,et à Khénifra,pour revivre par les récits,leurs expériences durant, ce qu'ils appelaient ouvertement  " les années de plomb ".

C'est la qualité  grandiose de notre MAROC. Une option singulière, qui n'existe pas ailleurs,et que les algéchiens n'ont pas pu en faire copier et coller,malgré les agissements frivoles, et les tentatives malencontreuses,échoués jusque-là d'un certain nain dit BOUTEFLIKA,qui annonce,sans honte, devant une assistance sélectionnée,et à travers les ondes de la radio et de la télévision Algériennes, le càs de  "Si abdallah avec la vigne et le chien du colon français" !(Pour en savoir plus sur cette annonce:demandez à notre confrère.NOUNOURSS,un marocain qui vit à ISTUNBUL en Turquie,administrateur à la room: DIFA3 A3N MOKADDASSAT AL WATANE en paltalk, de vous faire entendre l'intégralité de l'enregistrement de cette plaisenterie d'un chef d'état  -يا حسرتاه- ) pour en juger la grand différence qui le sépare des vrais chefs d'état dignes de ce nom.(c'est l'éducation d'un clochard à part entière)

Pour cette anecdote ,et fort probable pour d'autres, personne en l'Algérie,ne veut entendre parler de sa plaisanterie, et de son " Zabour" mort-né, intitulé " الوئام المدني "..? surtout  par les familles des victimes, et des disparus de ce qu'on appele en algérie, la décennie noire !!. Je termine par dire aux Algéchiens ,et aux BOUTAFLIKAT qui suiveront en la qualité de futurs locataires du palais d'El Moradia ,en particulier que :

(IMITER LA MARCHE DU CORBEAU,SERAIT BEL ET BIEN DE VOTRE STYLE,  ET DE VOS INGREDIENTS ?? MAIS MARCHER AUX PAS DE GALA DES ROIS ,ET D'UN JEUNE MONARQUE SURTOUT.? C'EST PAS FACILE A IMITER,ET SI L'INSISTANCE PERSISTE ? VOUS NE FAITES QUE GALOPPER VOTRE MULE DANS LA BOUE.?CAR CONTINUER A SEMER LA TERREUR CHEZ LE VOISIN,C'EST RECOLTER, SUBSTANTIELLEMENT EN CONTRE PARTIE, UNE TEMPETE TOURBIANTE CHEZ SOI.! ET C'EST VOTRE SORT PERMANENT QU' ON  EST ENTRAIN DE VOIR QUOTIDIENNEMENT CHEZ VOUS SUR LE PLAN SECURITAIRE (L'INSECURITE TOTALE DES PERSONNES ET DES BIENS),ET QUI DURERA POUR TOUJOURS INCHA ALLAH !! (  ان الله يمهل  ولا  يهمل !)

Avant de conclure cette note,je dois signaler d'autre part, aux visiteurs internautes, que les événements de mars 1973 qu'on vient de développer ci-dessus, en étaient la seule cause, qui a conduit la haute autorité du pays à la refonte réctificative,ou plutot à la révision positive du découpagne administratif du royaume, par la création dans les zones contaminées par ce fléau destabilisateur,de nouvelles approches administratives, pour un encadrement sécuritaire et administratif de proximité.il s'agit de nouvelles provinces à Figuig,à Missour,et à Khénifra.

Cette création  qui a vu le jour depuis le 14 Janvier 1974, était nécéssaire,car ces trois nouvelles administrations territoriales,dépendaient respectivement auparavant, des provinces mères d'Oujda,Fes,et Meknes.dont la situatioin lointaine des sièges provinciaux,et  des résidences des gouverneurs, rendait la rigueur de controle, pas assez éfficace,si on ne dit pas inéxistante du tout. Et le résultat néfaste, comme en l'on voyait enregistré, était maleureusement, l'infiltration des armes et de faux billets entachés par les sals pétro-dinars algéchiens et lybiens.

(A SUIVRE : LES CIRCONSTANCES DE LA NAISSANCE DU FRONT POLSARIO,DE LA PSEUDO RASD, ET L'AFFAIRE DE NOTRE INTEGRITE TERRITORIALE) Chihab-25

 

samedi, 28 juin 2008

LE COUP D'ETAT DE 1972 ET L'OPERATION D'ATTAQUE DU BOEING ROYAL

Le général  Mohamed OUFKIR  et ses deux  faucons de la F.R.A(Forces Royales Air), n'arrivaient pas  à faire tomber le Boeing Royal 727 du  feu S.M. le roi Hassan II,que Dieu ait son âme, (?)Car la capacité d'allah et la  " BARAKA" du souverain étaient présentes,et plus fortes que OUFKIR et ses complices.

 

ان  ينصركم  الله فلا غالب  لكم

ARTICLE 2.

Le roi Hassan II,  disait la presse étrangère : était victime d'une histoire d'amour ? comment ça ?  Les organes de presse qui révélaient cette histoire ,dont le journal le  "Monde", le Canard enchaîné, et l'hebdomadaire  le  "Paris Match" ,décrivaient dans un certain nombre de numéros,chacun de sa manière, que  cette affaire remonte depuis que :

Le Maroc  avait mené durant les quatre ou cinq années écoulée une compagne d'assainissement touchant des  hautes personnalités et de hauts cadres de l'état,dont  quatre ministres du gouvernement de Sa Majesté. MM. Lazrak,chefchawni,Ja3idi,et Tahiri! ils ont été jugés par la Cour Spéciale de Justice (C.S.J) et écroués pour détournement de fonds public,abus de confiance ,et abus d'autorité.

Une  femme  d'un de ces quatre ministres, que je ne peux citer le nom sous peine de diffamation ou d'atteinte à la pudeur, n'arriva pas à accepter le verdict rendu,et plaida innocence à son mari..?  Une femme qui,jouissait  disait-on,d'une jeunesse très  fraîche,et d'une beauté éclatante.

Pour faire entendre sa voix et celles des autres,elle frappa toutes les portes,embrassa les mains d'hommes et femmes, de toute personne influente à la chancellerie royale..! pour  faire libérer le père de ses enfants. Au cours de son parcours,elle entama des contacts discrets avec le 2ème homme puissant du pouvoir..! le général Mohamed Oufkir.Cette femme avait décidé de se faire des sacrifices à n'importe  quel prix,en déployant tous les efforts, pour emprunter  les  chemins qui  mèneront à  la libération  de son mari. Et pour cause, elle devint la maîtresse du général.? Ce cas, est vraisemblablement le grain de doute, de ce que voulait faire allusion, la presse étrangère par  ""UNE HISTOIRE D'AMOUR""

Les correspondants  permanents de la presse étrangère accrédités à Rabat,ou  les envoyés spéciaux pour la circonstance, procédaient à des investigations de tous genre, dans tous les sens, leur permettant de prétendre et de dire que, dans la résidence du ministre en question à Souissi ,et fort probable sur son lit désert,les premières ficelles de la traîtrise commencèrent à se développer,et les verres de cognac déversèrent les nappes. Des nuits rouges passèrent,durant lesquelles, la vision  de comploter le roi  prenait de jour en jour,ou plutôt de nuit en nuit, une nouvelle dimension .! mais quand et comment  ? répondre à ces interrogations,ne dépend pas du journalisme, et dépasse même l'intelligence de la détective privée.Un seul acteur répondra sûrement à cette échéance.

Le général  Mohamed Oufkir,alors ministre de l'intérieur et ministre  de la défense,traça une feuille  de route pour en arriver à celà, obéir aux doléances de sa maîtresse d'une part,et pourquoi pas  satisfaire son égoïsme de tenir le pouvoir au Maroc par une main de fer,après avoir réussi à sauver sa peau du putsch manqué du général El Madbouh,d'autre part.La résidence de Mme la conjointe du ministre, devint de plus en plus un lieu de rencontres régulières,de réunions improprement improvisées, devint ,si j'ose dire,un mini état-major, mis en place pour la circonstance,auquel sont conviées d'autres personnes,dignes de confiance, bourrés de haine contre le régime du feu HASSAN II.

La pression  d'une maîtresse aussi dominante ,que exigeante ,pèse lourdement sur son amant.. Et voilà,deux principaux acteurs surgissaient soudainement dans la ligne de mire et au scène de guidon (termes de combat) .Il s'agit du lieutenant-colonel Mohamed Amokran et le commandant Laoufi Kouéra,tous deux grands pilotes de chasse,détenant chacun en ce qui le concerne, la commande et responsabilité dans la base aérienne de Kénitra(Amokrane le Commandant de la base et Kouéra son adjoint).Il y avait un troisième au grade subalterne avec eux,mais je me rappelle plus de son nom.Durant chaque nuit rouge,l'alcool fait monter le ton d'un cran.Le général et sa maitresse attisaient  soigneusement, au degré supérieur,la haine et frottaient en agitation, l'esprit de vengeance,  en étalant  en parallèle le tapis rouge devant ces deux rifains,aux coeurs brisés par la disparition surprise de leurs supporters-concitoyens,le général El Madbouh et le colonel A3babou dans la tuerie de Skhrat.Le compte à rebours commence par un chronomètre très bien ajusté,avec une forte volonté, d'aller en avant  jusqu'au point de non retour.

Le colonel Amokran et le commandant Kouéra, se préparent activement selon l'ordre de mission que leur avait  soumis le général,pour aller au bout,..!  programmés à fond,mémorisés meme, pour une seule mission  " ELIMINER  HASSAN II,RIEN QUE HASSAN II " pour se venger à leurs proches putschistes échoués dans la tentative avortée,l'année dernière à Skhirat et surtout, pas de recule.De son coté le général Oufkir est en train de voir et revoir sa feuille de route pour finaliser les démarches, et procéder aux dernières retouches, en coordination permanente avec sa maîtresse,qui se prépare elle aussi,à crier victoire, clefs  en mains de la prison où séjourne son mari.

De l'autre coté de la frontière,le pouvoir en algérien fait ses comptes,reprend les mises au point avec les opposants UNFPISTES(fkih basri,ait kaddour,benyahia et lakhssassi). et créa pour la circonstance,un conseil militaire de crise pour accompagner les événements.Le colonel Houari Boumédiane,vivait péniblement son mauvais temps d'angoisse, en faisant ses longs mille pas -en va et vient- dans les couloirs du son ministère de défense.Il attend impatiemment avec les membres de son conseil ,la bonne nouvelle..! qui n'arrive jamais.autrement dit,transformée en vrais cauchemar.

Personnellement,je ne peux pas revenir aux événements ,ni détailler  l'opération d'attaque du Boeing royal, de ce 16 août 1972,et même bien avant, car je ne possédais pas d'éléments précis,puisque  la presse étrangère ne les a pas pu révéler à l'époque...! et je ne peux pas aussi dire n'importe quoi dans une affaire d'État, d'une telle ampleur.Mais j'ai le plaisir de reproduire pour la bonne information,et à toutes fins utiles dans cette note,les récentes révélations faites dans ce sens par des témoins clés,après plus de trois décennies et demi de silence. (36 ans au juste).

Hassan II en a réchappé de justesse. 36 ans plus tard, des témoins clés ouvrent des pages inédites sur le deuxième coup d'état essuyé par cette monarchie constitutionnelle. Cette fois, c’était Oufkir.suivant les traces des douze généraux qu'il avait exécuté lui même au champ de tir des F.A.R,transformé aprés en quartier résidentiel de "Nahda" à Rabat

TOUT A COMMENCE A LA BASE AERIENNE DE KENITRA

La légende veut que le roi ait survécu au coup de 72 grâce à sa "baraka". Une version qui ne résiste pas aux faits. Grâce à des témoignages inédits. ci-dessous on reconstitue pour vous,et avec précision le film des évènements.

ARTICLE  3

Sa Majesté le roi Hassan II est à Paris depuis le 26 juillet. Un Boeing 727 britannique, fraîchement acquis par la RAM, le conduira au royaume, dans l’après-midi du jeudi 16 août 1972. Le roi est attendu, tout particulièrement par trois hommes : le général Mohamed Oufkir (ministre de l'intérieur et  de la défense), 

le lieutenant-colonel Mohamed Amekrane et le commandant Louafi Kouéra. Depuis une semaine déjà, le trio a mis au point un scénario de coup d'état, dont l’amorce serait l’attaque de l’avion royal. "Je l’attends avec tous les moyens. Faites le nécessaire pour détruire le Boeing", dit Oufkir, alors homme fort du régime, à ses deux complices dans une soirée privée qui a eu lieu le 9 août. L’idée d’une attaque aérienne avait déjà été envisagée à l’aller. Un plan avait même été arrêté. Quatre avions decorte, armés de bombes et de roquettes devaient être stationnés à Tanger pour "intercepter" le roi au vol. Mais à la dernière minute, et contre toute attente, Hassan II décide d’abandonner l’avion pour emprunter un itinéraire surprenant : le train jusqu’à Tanger, le bateau jusqu’en Espagne, puis l’avion pour atterrir à Paris. L’étrange prémonition de Hassan II n’a fait que retarder l’échéance. Le projet de l’éliminer, en faisant appel à l’aviation militaire, était solidement ancré dans la tête d’Oufkir, depuis le 11 juillet 1971. Ce jour là, Amekrane, pris à part par Oufkir au lendemain du putsh raté de Skhirat, lui souffle (involontairement ?) l’idée : "Vous le savez, mon général : je dispose d’avions supersoniques de combat, d’un armement sophistiqué et d’un personnel qualifié. Sachez-le, si j’avais voulu fomenter un coup d’État, je l’aurais organisé moi-même". Le déclic se produit, alors. Oufkir, caressant le dessein d’éliminer Hassan II, venait d’en trouver le moyen : couvrir Amekrane et obtenir en échange sa collaboration à un coup d’État à partir de la base aérienne de Kénitra, fleuron des Forces Royales Air (FRA), dont il est le commandant. Avec un Amekrane, connu pour sa probité morale, le général s’offre une nouvelle virginité auprès d’officiers et de sous officiers qui ne le portaient pas dans leur cœur. Multipliant ses visites et ses largesses vis-à-vis du personnel de la base, Oufkir tente de redorer son blason, sans perdre de vue son objectif. Il va jusqu’à visionner sur place un film sur les nouvelles acquisitions qui font la fierté de l’armée de l’air, les avions de combat américains F5. Anecdote symbolique rapportée par le capitaine Ahmed El Ouafi, chef des moyens techniques : "Un jour, Oufkir est venu à mon bureau, accompagné du colonel Hosni Benslimane (à l’époque gouverneur de Kénitra) et d’autres hauts gradés de l’armée. Ils voulaient en savoir plus sur ces F5 qui devaient remplacer les MIG russes. Au moment où j’allais en parler, le portrait encadré de Hassan II s’est décroché du mur pour tomber par terre. Étrange coïncidence". Oufkir n’a pas de mal à convaincre Amekrane de détourner les F5 pour les besoins du coup d'état. Amekrane, aux intentions régicides bien établies, met au parfum son acolyte et adjoint, Kouéra. Malgré la confidentialité de rigueur, le coup d’État est un secret de polichinelle. Plusieurs cercles politiques, UNFP notamment, et militaires, se doutaient bien que "le duo Oufkir-Amekrane manigance quelque chose" (voir p 34-35). Un coup d’État pendait au nez de Hassan II. Restait les questions : où, quand et comment ?

ARTICLE 4

Le MATIN DES PREPARATIFS..(08h - 14h)


Une réunion impromptue a lieu à l’état-major des FRA à Rabat le 16 août à 8h. Conduite par le colonel Hassan Lyoussi, elle a pour ordre du jour d’entériner des affectations tactiques adoptées précipitamment à la veille du coup d'état. Après que Amekrane ait été promu officiellement numéro deux des FRA, que Kouéra l’ait remplacé à la tête de la base de Kénitra, c’est au tour des subalternes de procéder au jeu des chaises musicales. Les permutations décidées au pied levé n’ont qu’un but, écrira plus tard El Ouafi, celui de "neutraliser (les officiers) et d'empêcher les autres bases aériennes de pouvoir réagir à temps aux évènements". Dans l’intervalle de la réunion, Amekrane, visiblement excité, est accroché à son téléphone avec à l’autre bout du fil le général Oufkir. Les deux hommes s’inquiètent de l’heure d’arrivée de l’avion royal et mettent au point les dernières retouches à leur plan d’action. L’attaque du Boeing se fera par une vraie-fausse escorte menée par six chasseurs F5 devant décoller de Kénitra. À l’aller, déjà, Lyoussi, patron de l’aviation militaire, leur avait suggéré d’organiser "une escorte armée qui survolerait le bateau royal", nous apprendra Amekrane lors de son procès. Mais le plan n’a finalement pas été retenu. Au retour, le trio l’attend de pied ferme. Première surprise déjà, le roi a décidé la veille (autre prémonition ?) de faire escale à Barcelone. Kouéra, absent de la réunion de Rabat, cherche par tous les moyens à déterminer le programme de vol du 727 royal. Amekrane surprend son petit monde et se pointe à la base, alors qu’il n’en est pourtant plus le commandant direct. "Vous croyez que vous vous étiez débarrassés de moi à jamais, dit-il en s’adressant à ses subordonnés. Eh bien, détrompez-vous ! Je prends le commandement de la base aujourd’hui et c’est moi qui dirige les opérations". Amekrane va jusqu’à refuser de piloter l’un des F5, comme l’avait souhaité initialement Oufkir, pour rester maître au sol via la tour de contrôle de Kénitra. Autour de lui, les officiers s’affairent. Ils ne sont pas tous dans les secrets des dieux. Le capitaine Salah Hachad dirige, en sa qualité de chef des opérations, le briefing relatif au plan de vol de l’escorte (cinq F5A monoplace et un biplace F5B). Il ne se doute pas de la suite des événements et il n’est pas le seul. Il assiste, impuissant, aux aménagements inattendus opérés par ses supérieurs. Le capitaine Larabi Hadj, initialement prévu dans l’escorte, est remplacé, sur ordre d’Amekrane, par le lieutenant Abdelkader Ziad. Une anecdote historique explique pourquoi ses chefs ont décidé de le mettre dans la confidence : en 1958, Ziad avait refusé de participer à l’opération menée par Hassan II et Oufkir contre les Rifains. Le deuxième changement est plus surprenant. Trois des F5A devant assurer la mission d’envol de l’escorte royale sont armés. Pourquoi ? Amekrane explique à ses officiers interloqués que "dorénavant, toutes les escortes seront armées. C’est la règle". Connaissant le côté droit, rigoureux, voire rigide de l’homme, son explication paraît plausible et ne suscite aucun atermoiement. Mais pourquoi trois seulement sur les six F5 affrétés pour la mission ? "C’est pour ne pas éveiller la suspicion des Américains (présents en force à la base de Kénitra)"

ARTICLE 5

L’opération Baptisée  BORAQ(14h-17h)


Oufkir est en contact avec les deux tours de contrôle, de Kénitra et Rabat Salé, également tenue par des militaires (aujourd’hui encore, d’ailleurs). Amekrane attend plus de précisions sur l’heure de décollage du Boeing, en provenance de Barcelone. Le lieutenant M’barek Touil, tenu à l’écart de la conspiration, avait désarmé les avions stationnés sur la piste la veille. Pris de court, ses chefs lui ordonnent d’en superviser le réarmement par des canons 20 mm. Amekrane racontera plus tard au tribunal qu’Oufkir n’avait donné son feu vert pour l’armement que la veille du putsch (le lundi 15 août). Le chargement des canons se fait alors dans la précipitation. L’heure exacte du décollage du Boeing étant restée en suspens, Kouéra entre en contact avec la tour de contrôle de Barcelone pour en avoir le cœur net, avant de prendre place dans son F5. Prennent part à l’escadrille baptisée "Boraq", outre Kouéra, les lieutenants Ziad et Boukhalef dans les F5 armés, Hachad, flanqué par Doukkali, s’installe dans le F5B, tandis que Dahhou et Benboubker ont droit à des F5A non armés. À 15h40, les F5 reçoivent l’ordre de décoller. Amekrane demande un transistor pour "vérifier si, comme prévu par Oufkir, la musique de la marche militaire signifiant l’avènement de la république allait être diffusée sur les ondes", confiera-t-il plus tard en prison. Circonspect, il reste en attente. L’adjudant-chef Magouti réceptionne quelques minutes plus tard le message télégraphique confirmant que le Boeing a bel et bien décollé. À 16h, l’escorte, arrivée à hauteur de la région de Tanger, n’a toujours pas repéré l’avion royal. "Nous allons opérer une reconnaissance plus large, peut-être a-t-il (le roi) changé de cap", s’impatiente alors Kouéra par radio. Le commandant ne croit pas si bien dire. Hassan II venait, en effet, d’ordonner à son pilote, Mohamed Kabbaj, de "survoler le plus longtemps possible le territoire espagnol", comme il le dira plus tard dans ses mémoires. À 16h20, Dahhou s’écrie "Taleho", expression américaine voulant dire que "la cible est repérée". Le Boeing est enfin visible. Les F5 font leurs manoeuvres pour se mettre à son niveau puis l’encercler. Les six chasseurs se scindent en deux groupes. Les 3 armés entament une "noria" (passes de tir air-air), qui fait croire à une "acrobatie visant à épater le roi". Kabbaj, pour sa part, est surpris. "Éloignez-vous. Sa Majesté n’a pas demandé d'escorter", lance-t-il à la radio. L’appel est vain et le roi se rend à l’évidence. Ce n’est pas une escorte mais un traquenard. Kouéra ouvre le bal. Mais, surprise, son canon est bloqué. On l’entend à la radio pester contre sa machine, vraisemblablement mal armée au sol. Ziad enchaîne sans grande réussite. Boukhalef prend le relais et réussit d’emblée à toucher l’un des trois réacteurs du Boeing. Hassan II tente la ruse : "Dis-leur d’arrêter de tirer. Dis-leur que le roi est touché et que tu es blessé", ordonne-t-il à Kabbaj. Ce dernier réplique : "Pas de bluff. Attention, ils sont en train de nous écouter". Kouéra, dans l’incapacité d’activer son canon, s’affole et décide de faire le kamikaze. "Adieu mes amis, je fonce pour la patrie", entend-on à la radio. Il pique vers le Boeing, mais le rate de près. Comment cela a-t-il pu être possible ? Kouéra hésite-t-il au moment où Ziad lui apprend, in extremis, qu’il a encore des munitions ? L’explication est plus technique. Instinct de survie oblige, il actionne le siège éjectable avant le crash souhaité. Conséquence, "devenu plus léger, son F5 change de profil aérodynamique et bascule sous l’avion", se rappelle l’un de ses compagnons au vol. Kouéra atterrit ainsi en parachute, près de Souk El Arbaâ où il sera immédiatement intercepté par la gendarmerie. Dans le ciel, Boukhalef revient à la charge et endommage un deuxième réacteur, d’où sort une fumée épaisse qui lui permet de sursauter, "ça y est, je l’ai eu". L’avion perd quelque peu d’altitude. Kabbaj fait une entorse à la règle. Il tente de rallumer un réacteur qui a pris feu. Dernière tentative, avant d’entamer l’atterrissage à Kénitra, Boukhalef largue son réservoir central de kéroséne sur le Boeing. Peine perdue. Le Boeing en fumée survole la piste de Kénitra à très basse altitude. Kabbaj, encore une fois, enfreint le code de l’aviation. "Il a laissé croire qu’il allait atterrir à Kénitra avant de reprendre son envol pour pousser jusqu’à Rabat-Salé. Par cette manoeuvre, qui a fini par payer, il aurait pu provoquer un affaissement et un crash de l’appareil", commente un connaisseur du dossier. L’opération Boraq s’achève sur un échec. Certes, la radio n’a pas diffusé la musique militaire attendue. Et l’avion royal a survécu aux assauts de son escorte. Mais, Amekrane n’a pas encore désespéré. De toutes les façons, dira-t-il aux siens, "si on l’a raté au ciel, Oufkir finira le travail au sol, à Rabat". Et pour en avoir le cœur net, il ordonne au sergent chef Mouhaj d’aller s’enquérir de l’état du Boeing et du sort réservé à ses passagers.

ARTICLE 6

Sauve qui peut (17h – minuit)


À l’aéroport de Rabat-Salé, le roi, absent depuis 20 jours, est attendu par une brochette de ministres, hauts gradés de l’armée, dont Driss Benhima (il remplacera, dès le lendemain, Oufkir, en qualité de chef d'état-major), et autres commis d’État, ignorant presque tous ce qui s’est tramé. Quand l’avion, en fumée, apparaît dans le ciel, Oufkir, alors à la tour de contrôle, a juste le temps de prendre une décision capitale. Il a à sa disposition sur place tout un bataillon de l’armée de terre, dirigé par le colonel Oubejja, et prêt à intervenir pour faire abdiquer le roi. Mais le général, comme un esclave devant son maître, se fait petit. Il donne congé à son bataillon et file à l’anglaise. Réflexe d’homme de sérail, il décide de jouer à l’innocent, appelle à la tour de contrôle de Kénitra pour avoir les noms des officiers sur place et donne déjà consigne au général Benabdeslam d’aller "égorger ces mutins qui ont osé s’attaquer à Sa Majesté". À quelques kilomètres de là, les pilotes des F5 viennent d’atterrir. À la tour de contrôle, l’ambiance est mitigée. Dans l’incertitude quant à l’issue finale du coup d'état, des officiers crient : "Vive la république". Au sol, les pilotes se renvoient pourtant les accusations. Déjà les raisons d’un échec de plus en plus probable commencent à être énumérés : des pilotes pas suffisamment entraînés sur les opérations de tir air-air ; des techniciens, pas du tout mis dans le secret et qui ont mal armé les canons ; des viseurs fixes compliquant la tâche des tireurs (cet argument avait pourtant été avancé par Amekrane pour signaler les limites des F5, mais Oufkir n’en avait pas tenu compte) ; des armuriers qui auraient même, rapporte El Ouafi, "mis des canons d’instruction à la place de canons de guerre"., etc. Tout le monde se renvoie les accusations, parce que, après coup, la plupart des militaires de la base regrettent de ne pas avoir été mis au courant. "J’aurais été partant avec Amekrane, parce qu’on partageait les mêmes idéaux, mais pas avec Oufkir", confie Hachad, des années plus tard. Vers 16h50, Ziad et Boukhalef ont juste le temps de toucher le sol et de se ravitailler en munitions, pour repartir en mission à l’aéroport de Rabat-Salé. Amekrane, en colère, tenant à cette révolution et n’ayant plus confiance en son général, les somme d’aller s’occuper eux-mêmes de "la fin de partie"

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Sur place, Hassan II, conduit de force ou presque par Kabbaj à l’intérieur de l’aérogare, est toujours dans l’expectative. Dans le ciel, les tirs ont recommencé. La télévision, qui avait filmé le débarquement royal, a d’ailleurs choisi ce moment-là pour interrompre la diffusion du reportage. Hassan II est encore en danger. Comment se protéger contre une balle perdue ? Ou une nouvelle conspiration ? C’est alors que l’un des gardes du roi a une inspiration : laisser partir le cortège officiel vers le palais de Rabat et soustraire Hassan II et quelques proches pour les embarquer à bord d’une voiture légère à destination… de Skhirat. La diversion marche d’autant que la voiture emprunte des chemins de traverse, loin de la route principale. Le garde en question se trouve être Mohamed Médiouri, dont la carrière a depuis grimpé en flèche (une autre version prétend que ce serait le général Driss Ben Omar qui aurait réquisitionné une voiture civile pour l'occasion).


À 17h30, Amekrane, ne tenant plus en place, fait signe à ses subalternes de ne pas quitter les lieux, s’assure qu’un cordon de sécurité isole la base et prend un hélicoptère en compagnie du sous-lieutenant Lyazid Midaoui pour se joindre aux autres. Mais une fois arrivé à hauteur de l’aéroport de Rabat Salé, il réalise que tout est perdu. Avant de mettre le cap sur Gibraltar (il sait que le Maroc n’a pas d’accord d’extradition avec le Royaume-Uni), il lance à la radio, in extremis, que "le nom de la personne qui a monté l’opération commence par O". Le général est cuit. Doublement, d’ailleurs. Parce que Kouéra, conduit entre temps à Skhirat auprès d’un Hassan II, amer et fraîchement rescapé, subit un interrogatoire royal qui lui fait tout avouer.
Entre temps, Ziad et Boukhalef se chamaillent sur le tarmac de Kénitra. Ziad, furieux contre Amekrane qui a sauvé sa peau, somme cinq sous officiers (El Mehdi, Belkacem, Binoua, Bahraoui et Kammoun), curieux d’en savoir plus, de le suivre avec leurs F5. Il s’ensuit un baroud d’honneur, vain et intempestif, au Palais de Rabat. Les mutins faisaient, cette fois-ci, carrément fausse route.


Le soir même, Oufkir arrive au Palais estival et retrouve le roi en compagnie de Mohamed Dlimi, qui prendra plus tard sa place à la tête du ministère de l’Intérieur et Moulay Hafid Alaoui, le chambellan, qui fera dorénavant barrage au Palais. Le leader du putsch n’en sortira pas vivant. Assassiné ? Suicidé ? En tout cas, son cadavre sera retrouvé criblé de balles, transperçant son cœur, son dos et sa pupille. Ce qui n’empêchera pas Hassan II de conclure, dans ses mémoires, au "suicide" !

ARTICLE 7
Les lendemains qui déchantent (17 août 1972 – 7 août 1973)


Amekrane pose son appareil en temps trouble à Gibraltar. Il ne passe qu’une seule nuit en fugue. Le Rocher est sérieusement convoité par les Espagnols. La masse de travailleurs marocains exilés sur place met à mal les autorités anglaises. Ces deniers ne peuvent hypothéquer leurs relations avec Hassan II pour un putschiste qui leur demande asile. Menotté, les yeux bandés, Amekrane est reconduit à la frontière. Tant pis pour le droit international (la femme d’Amekrane a intenté, quelques années plus tard, un procès aux autorités britanniques et a eu gain de cause). À partir du 18 août, l’ensemble des militaires interpellés subissent des interrogatoires musclés. Avant le procès, ouvert le mardi 17 octobre, les aviateurs impliqués directement dans l’attaque du Boeing sont conduits devant le roi. Ce dernier demande à Boukhalef comment il a réussi à toucher son appareil avec de si petits yeux. Il lui rétorque, rapporte Hachad : "Si j’avais été mis plus tôt dans la confidence, vous ne seriez pas descendu vivant de cet avion". Amekrane avoue, avec la même assurance et ténacité, devant la cour qu’il a effectivement "attenté à la vie du roi et comploté contre le régime". Face à lui, siégeaient aux côtés de M. Abdenbi Bouachrine, Dlimi et Skiredj, trois mois plus tôt passagers du 727 endommagé. Ils sont juges et parties. Les sentences sont sans appel. Le samedi 13 janvier 1973, 11 aviateurs (Amekrane, Kouéra, Ziad, Boukhalef, El Mehdi, Belkacem, Binoua, Bahraoui, Kammoun, Larabi et Lyazid) sont conduits à la plage de Chlihat, près de Kénitra pour être fusillés. Trente cinq officiers, internés à la prison centrale de Kénitra, iront huit mois plus tard, croupir dans le bagne de Tazmamart. Et les 117 autres sous-officiers sont acquittés. Depuis, un divorce irrémédiable scinde l’armée de l’air en deux familles : les bannis et les sauvés.


ARTICLE 8


Mohamed Kabbaj : Le sauveur choyé

Lorsque Amekrane apprend par radio que c’est Mohamed Kabbaj qui pilote le Boeing, il a un petit pincement au cœur. Les hommes se connaissent et s’apprécient. Initialement pilote à la base aérienne de Benslimane, Kabbaj est familier avec les F5. S’il a bien manœuvré ce 16 août 1972, dit l’un des officiers, c’est "parce qu’il s’est comporté avec le 727 comme s’il s’agissait d’un chasseur". L’homme, à ses débuts, n’est pas royaliste, mais nationaliste. La preuve, en 1959, rapporte Ahmed El Ouafi, "lors d’une cérémonie de le livraison d’avions à hélice anglais (Fury), il refuse de faire le baise-main à Hassan II, encore prince héritier. Au général Kettani, qui l’a sermonné, il a signifié qu’on ne lui a pas appris le baise-main à l’école de l’air". Major de sa promotion en France, ce pilote brillant deviendra, 13 ans plus tard, le sauveur de ce même Hassan II. L’a-t-il fait par devoir professionnel ou par allégeance ? Il y a été amené par un pur hasard. Chargé en tant que chef pilote à la RAM de ramener le premier 727 acquis de Londres, il s’est retrouvé face à ses anciens camarades de patrouille, transformés à l’occasion en putschistes. Une fois arrivé à bon port, il a été promu par le roi, chef des Forces Royal Air, à la place de Hassan Lyoussi, jugé alors incompétent et cumulant cette fonction et celle de chef du 2e bureau. Sa première mission a été de faire visionner dans toutes les bases aériennes une cassette confidentielle dans laquelle Hassan II apprenait aux officiers et sous officiers "comment être ouverts d’esprit et disciplinés". Fonctionnant à cheval, depuis, entre l’aviation civile et militaire, Kabbaj a eu carte blanche. Entre le Sahara, où il allait en cas de force majeure, la direction de la RAM, où il était adulé, il a fini avec le temps par devenir "trop puissant et méprisant". Il n’empêche, on lui reconnaissait sa compétence et sa capacité à mettre à profit ses liens privilégiés avec le roi pour améliorer la situation des techniciens. C’est l’histoire d’un technocrate coopté par effraction.

ARTICLE 9

Le cercle des complicités

Au lendemain du putsch,Hassan II commande une enquete secrete à l'égard de Abderrahim Bouabid
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Le coup du Boeing intervient dans une période trouble, cocktail explosif de répression, corruption, idéologie nationaliste et ras-le-bol généralisé. Entre politiques désabusés et militaires écœurés, c'était l'alliance des contraires. Et pourtant, il s'en est fallu d'un cheveu…


Nous sommes en 1971. Le roi vient d’être sérieusement déstabilisé par la tuerie de Skhirat (10 juillet). à peine sorti des années sombres de l’État d’exception, Hassan II pratique la politique du bâton (sans carotte). Mais il est très affaibli. Le
temple où il paraissait jusque-là inaccessible est paru du jour au lendemain facile d’accès. Le mythe Hassan II s’est effondré. Treize mois plus tard, les aviateurs de Kénitra prennent le relais des mutins d’Ahermoumou. "À chaque fois que notre cortège d’officiers détenus passait de la prison centrale au tribunal, les you-yous s’élevaient dans le ciel pour nous accompagner", raconte Hachad. Même dans les campagnes les plus reculées, les fellahs demandaient à voir la photo de ce "brave d’Amekrane" qui a osé s’attaquer au roi. Dans cette ambiance en pleine effervescence, Hassan II tente, tant bien que mal, de redorer son blason. Quelque temps avant l’attaque du Boeing, il envoie, dans une première inédite, 4 ministres (Lazrak, Chefchaouni, Jaïdi et Tahiri) devant la cour spéciale de justice pour une affaire de détournement. Le geste a été fait pour la forme mais la CSJ a eu une longue vie depuis. Celle de Hassan II aussi. Ce ne sont pas les tentatives de l'écourter qui ont manqué. Au lendemain de l’opération de Skhirat, le roi a du mal à faire son autocritique. Invitant Abdelhadi Boutaleb, alors président du Parlement, à convier les élus afin de montrer que c’est "un incident de parcours", ce dernier résiste et lui fait savoir que "l’événement est de taille et exige une réelle refonte de l’orientation politique". Mais le roi fait la sourde oreille. Un an plus tard, la situation a empiré. "Plusieurs milieux de l’UNFP à l’étranger avaient eu vent de l’opération que concoctait Oufkir et Amekrane", se souvient Mohamed Benyahya, très proche alors de Fqih Basri. Mais, entre Oufkir, l’homme puissant, imprévisible, ennemi juré de la gauche, et Amekrane, le jeune homme probe, nationaliste sur les bords, il n’y avait qu’un pacte de circonstance. Chacun œuvrait derrière ses propres complices et autres soutiens tacites qu’il gardait jalousement pour lui.

Qui marchait avec Oufkir ?
Oufkir était un homme de renseignement, très prudent. À telle enseigne qu’après sa mort, seuls persistaient des faisceaux de présomptions sur la toile qui s’est secrètement tissée autour de lui. Côté militaire, les déclarations d’Amekrane au procès sont truffés d’indices troublants : le général lui dit qu’il ne devait recevoir d’ordres de personne, sauf du général Abdeslam Sefrioui, parce qu’il est "de mon côté". À la lecture du supposé "conseil de la révolution", établi par Oufkir, d’autres noms surgissent, dont notamment celui du colonel Dlimi qui allait lui succéder avant de périr, à son tour, dans un accident mystérieux. Le communiqué comportant ces noms de militaires prétendument "de son côté" est celui-là même qui aurait été remis à Abderrahim Bouabid "pour information", selon Amekrane. Le nom du directeur du cabinet royal, Driss Slaoui, est également cité comme "go between" avec l’opposition. "C’est une manière détournée d’insinuer un lien avec Bouabid, vu que les deux hommes sont de Salé", commente Aït Kaddour, sceptique. Il y a de quoi l’être, puisque Slaoui continuera pendant de longues années son petit bonhomme de chemin auprès du roi, sans être perturbé. Quant à Bouabid, il fera l’objet, au lendemain du putsch d’une enquête secrète commandée par Hassan II. "Il y a appris que le lien du leader socialiste avec l’opération n’est pas clairement établi", confie un responsable des services secrets. À l’autre bout de l’UNFP, l’opposant Fqih Basri s’est demandé, une fois mis au courant de ce conseil de la révolution, si ce n’était pas du "bluff". Mais la réaction de Basri ressemble plus à de la provocation à l’égard du général qui refusait de le mettre au parfum. "Ayant réussi à isoler Hassan II de toute source d’information susceptible de lui mettre la puce à l’oreille, Oufkir tenait Basri à l’écart parce qu’il risquait de vendre la mèche", explique Benyahya, en connaissance de cause. Dans la même série de contacts discrètement noués par le super-ministre de l’époque, plusieurs sources concordantes rapportent une visite nocturne du leader istiqlalien, Allal El Fassi. Mais difficile d’en déduire l’objet. Il n’en demeure pas moins qu’Oufkir ne cachait pas son amertume à l’égard de la situation politique interne. Voilà ce que rapporte Alexandre De Marenches (patron du SDECE française), qui l’a rencontré en catimini à Londres, début août 1972 : "Il m’a raconté des choses désagréables sur le Maroc et m’a dit en partant, tu entendras parler de moi dans une semaine". Il a tenu parole, mais y a laissé sa peau. Cette tendance qu’il avait à dire du mal du pays et même du roi date de bien avant le coup d’État de Skhirat. Boutaleb relate dans ses mémoires deux récits de Omar Benabdeljalil, alors ambassadeur à Téhéran, et de Mahjoubi Aherdane, qui lui faisaient part de leurs doutes quant aux intentions d’Oufkir à l’égard de Hassan II. Il a dit dans des situations différentes, à l’un et à l’autre, que "le mieux est de laisser les choses pourrir". Avec une interlocutrice étrangère, comme Anne Brown, il a un discours plus progressiste, "ce pays doit changer et il changera".

Qui accompagnait Amekrane ?
Au lendemain de Skhirat, Oufkir joue au sanguinaire avec ses anciens frères d’armes. Lorsqu’il convoque Amekrane, vaguement soupçonné d’avoir trempé dans le putsch, ce dernier dit adieu à ses amis. Il s’attend à être liquidé. Finalement, il sera adoubé par le général. À l’image de Ababou, qui avait trouvé la couverture de Medbouh, pour attaquer le palais de Skhirat, Amekrane allait avoir l’appui d’Oufkir pour attaquer le Boeing. Entre temps, la gauche a réalisé que l’armée était partante. Amekrane allait être l’interlocuteur privilégié de militants qu’il côtoyait, comme Aït Kaddour et le docteur Khattabi, avec lesquels il a de longues heures de discussion sur le sort du pays. Ils réalisent sa fibre sociale, son sentiment nationaliste et sa rectitude morale. "On savait que sans Oufkir, il ne pourrait rien. Mais une fois le coup d’État réussi, il pourrait s’en débarrasser", disent-ils pour la plupart. À la base de Kénitra, Amekrane répercute constamment "la formation idéologique" qu’il reçoit de ses amis. Vivant en autarcie, dans une base mi-américaine, où le Bi-Ex (supermarché) affiche des articles que seuls les très hauts gradés et la famille royale peuvent se permettre, les pilotes sous officiers qui touchent 600 DH terminent leur mois grâce à la caisse du bar. Le ton dans le mess est à l’égalitarisme. Vers la fin de 1971, Amekrane tombe malade. Il a une infection rénale et séjourne à l’hôpital Ibn Rochd avant de partir en France. Là, Aït Kaddour le met en contact avec Hassan Basri, le frère du Fqih, mais aussi son porte-messages. Durant les six mois qui suivent, il séjourne à des intervalles entrecoupés en France et en profite pour tisser des relations avec les cadres révolutionnaires en exil. Khattabi, qui était aussi son médecin traitant, révèle aujourd’hui que, contrairement à ce que l’on croyait, "sa maladie n’était pas si maligne que cela. C’était un prétexte très commode". Avec le Fqih Basri, il aura eu, finalement, qu’une ou deux entrevues, très brèves. "Il était en contact avec Oufkir et je ne voulais pas empiéter sur les plate-bandes du général", dira-t-il au procès. À vrai dire, il y avait une concurrence tacite et Oufkir le prévenait : "il ne faut pas que les politiques nous devancent". La preuve, même quand l’aile radicale de l’UNFP a tenté de faire son coup d’État le 3 mars 1973, les militaires n’étaient pas loin. "C’est Ahmed Dlimi et le chef des renseignements algériens, Qasdi Merbah, révèle Benyahya, qui ont induit les hommes du Tanzim dans l’erreur". Depuis, la série des tentatives de coups d’État a été close, les militaires sont devenus des rentiers à l’écart de la société, et les politiques des rentiers qui n’osent plus s’en approcher.

ARTICLE 10


Les américains

La base aérienne de Kénitra est traditionnellement américaine depuis 1956. Dès1969, le commandement marocain y acquiert une autonomie partielle, en matière de sécurité, de matériel technique et de chasseurs. Mais les munitions sont surveillées par les services américains, dépendant de l'US Navy, et la piste d’atterrissage est gérée conjointement avec les Marocains. La CIA, présente sur place en force, avec une antenne à Bouknadel et Sidi Yahya, a un œil sur tout. Théoriquement, "ils ne pouvaient pas ignorer qu’un putsch se préparait", explique un officier de la base. Le jour J, ils ont bizarrement déserté la zone B qu’ils dirigeaient. En 1975, ils ont entamé leur redéploiement en Espagne pour quitter définitivement les lieux en 1978.

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Fqih Basri

Principal opposant socialiste en exil forcé (trois fois condamné à mort), aux côtés de Youssoufi, ce nationaliste, révolutionnaire et manipulateur à la fois, tient un réseau de lutte armée dispatché sur la Syrie, la Libye et l’Algérie. Mobile et clandestin, "c’est lui qui cherchera à se rapprocher d’Amekrane pour en savoir plus sur ses desseins", raconte un de ses proches collaborateurs à l’époque. Ce coup d’État, vaguement en préparation, est sa dernière chance pour rentrer au bercail sans être marginalisé. Via son frère Hassan et son ami Aït Kaddour, il réussira à rencontrer Amekrane à la frontière franco-allemande. Contrairement à Bouabid, dont les contacts avec Oufkir sur ce sujet ne sont pas forcément avérés, Fqih a eu des liens troubles avec l’homme fort du régime. Mais ce dernier, sceptique et soupçonneux, tenait à le garder à l’écart. Décédé le 15 octobre 2003, Fqih n’a pas laissé de mémoires fiables pour qu’on en sache plus.

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UNFP

En 1972, le parti est tiraillé entre les adeptes de la lutte armée, qui passeront à l’acte en mars 1973, et la direction, tenue par Abderrahim Bouabid, qui crée la "koutla nationale" au lendemain du coup d’État de Skhirat. À l’époque, l’ombre de Ben Barka plane toujours sur le parti. Les velléités de révolution ne sont pas oubliées. Les militants à l’étranger ont eu vent d’un coup d’État en préparation. Amekrane recevait certains cadres locaux du parti chez lui à Kénitra et les discussions sur la situation politique détériorée battaient leur plein. Bouabid, mis au courant d’un coup d’État en préparation, prend ses distances mais ne tente pas de réagir non plus. Au lendemain du putsch, Hassan II insiste pour savoir si le leader socialiste et homme d’État qu’il tient en estime est dans le coup. Entre temps, les tortionnaires essaient de soutirer à Amekrane et Kouéra une collusion avec El Yazghi et O. Benjelloun. Ces derniers recevront un colis piégé le jour même de l’exécution des aviateurs.

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Omar Khattabi

L’un des premiers médecins chirurgiens installés à Kénitra, le neveu du prince du Rif, Abdelkrim, est un républicain convaincu, quelque peu sensible à l’expérience des officiers libres d’Égypte, où il a vécu, et un familier d’Amekrane. Il le recevait de longues heures chez lui pour lui faire part de sa thèse relative à la nécessité de "se comporter en citoyen pour sortir de l’état d’assujettissement dans lequel nous confine la monarchie". Ayant des relations avec tous les leaders de parti et demeurant lui-même sans étiquette, il revendique avec fierté son lien indirect avec le coup d’État, via Amekrane (et certainement pas Oufkir). Ayant eu vent de ce lien, Hassan II l’interroge en personne. Ses hommes continueront la sale besogne à Dar El Mokri. Dans sa démarche, le médecin octogénaire porte toujours les marques de la torture.

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Mohamed Aït Kaddour

Ingénieur de formation, il est directeur du Port de Kénitra, côtoie Amekrane et Khattabi régulièrement, et est proche de l’aile blanquiste de l’UNFP. Se définissant lui-même comme un "informateur dans le bon sens", il développe une grande complicité avec Amekrane, au point de baptiser l’un de ses fils du même nom. Le 4 juillet 1972, Aït Kaddour, qui tisse des relations complexes avec les révolutionnaires du parti à l’étranger, s’exile à Paris. Avant d’y arriver puis sur place, il sert d’intermédiaire entre Amekrane -qui "se soigne"- et Hassan Basri, le frère du fquih, puis avec ce dernier, dans un deuxième temps.

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Mohamed Amekrane

De l’avis de tous ceux qui l’ont approché (civils et militaires), ce Rifain de 34 ans, excellent aviateur, formé en Espagne, en France et aux États-Unis, est d’une rare intégrité morale et d’une conscience politique aigue. Humble, par-dessus le marché, il dira au tribunal que "vu ce que Oufkir m’a raconté sur la famille royale, même s’il s’agissait de mon propre père, j’aurais comploté contre lui". Volontairement partant dès le départ pour un coup d’État, de sa position de commandant de la base de Kénitra, il a rassuré les militaires mis au parfum et jeté les ponts avec les politiques, chez lui comme en France, où il allait régulièrement "se soigner". Devant le roi et le tribunal, il n’a jamais courbé l’échine, a cherché à disculper ceux qui ont été entraînés dans le coup malgré eux et reconnu qu’il rêvait d’une république.

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Mohamed Oufkir

À 63 ans, il chapeaute les deux ministères sécuritaires (Intérieur et Défense), jouit d’une confiance mitigée du roi et d’une puissance inégalée. Initialement mercenaire au sein de l’armée française, puis homme du sérail, il n’a coupé le cordon avec Paris qu’au lendemain de sa condamnation à perpétuité en 1967 dans l’affaire Ben Barka. Mais il n’a jamais cessé de balancer entre volonté de puissance et devoir de servilité. Son implication supposée dans le premier putsch de 1971 n’a jamais été élucidée. Quant à son rôle déterminant dans celui de 1972, il en fit part une semaine auparavant au chef des renseignements français, De Marenche. Plus craint qu’aimé par l’armée, il s’est appuyé sur la probité d’Amekrane pour monter son coup et "doubler les politiques". Hassan II ne lui a pas pardonné sa trahison aérienne. Son cadavre sera retrouvé criblé de balles le 17 août au matin.

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Louafi Kouéra

Ce Rifain de 36 ans est capitaine en 1972. Il est connu pour sa raideur morale et sa piété. Il a toujours été à l’ombre de son ami Amekrane. Au lycée, à l’école militaire de Tolède, puis comme son adjoint à Kénitra (avant le putsch, il deviendra commandant de la base). Le 16 août, il le remplace dans la direction de la patrouille qui va attaquer le Boeing. Comparé à Amekrane, il a un caractère moins résolu. Intercepté à sa descente du F5, il a cédé devant les pressions du roi et caressé l’espoir d’être gracié en balançant les noms de politiques impliqués. En guise de testament, il demande à l’un de ses compagnons de "vendre sa (petite) voiture pour payer ses dettes". Jusqu’au bout, son sort est resté lié à celui de son acolyte. Au lendemain de son exécution, le 13 janvier 1973, ils ont été enterrés à Chefchaouen (sa ville d’origine) dans une tombe commune.

ARTICLE 11

1971-1972. La faillite du renseignement

Les services de renseignement de Sa Majesté ont failli lui coûter la vie à deux reprises. Incompétence, mauvaise coordination et ambitions personnelles expliquent le phénomène.


Juillet 71 et août 72 : deux putschs militaires en 13 mois, cela fait désordre. Comment cela a été possible ? En 1971, les services de renseignement marocains sont retombés dans une anarchie digne de l’après-indépendance, chez les civils comme chez les militaires. La DGSN est alors dirigée par Ahmed Dlimi, connu pour sa brutalité, mais pas spécialement pour sa compétence. L’essentiel du travail de renseignement est alors délégué à des brigades parallèles dirigées par le même Dlimi et dont le boulot est tourné vers le racket et les enlèvements dans les rangs des gauchistes. Le CAB 1, à l’époque, ne fonctionne plus que d’une manière clandestine, tournant à régime réduit depuis les suites de l’affaire Ben Barka. Autant dire que la coordination ne battait pas son plein parmi les rangs de la police. Au niveau de l’armée, le tableau n’est pas plus reluisant. Les deux postes-clé du renseignement reviennent à deux représentants de la vieille école, Hassan Lyoussi au 2e bureau (équivalent du CAB 1 chez les militaires)… et Mohamed Medbouh attaché à la sécurité royale. Le premier est un "physique" plus présent sur le terrain des opérations techniques que sur celui du renseignement. Le deuxième a une idée fixe : renverser la monarchie ! La configuration des renseignements portait ainsi en elle-même les germes des coups d’État à venir. Exemple : en 1965 déjà, Amekrane, le futur comploteur d’août 72, participe à une formation aux États-Unis et en profite pour effectuer un séjour mystérieux au Mexique, un pays dont les relations diplomatiques avec le royaume étaient pratiquement coupées. L’écart, pourtant dangereux, reste sans conséquence pour Amekrane, promu deux années plus tard commandant de la base de Kénitra et auteur dès sa prise de fonction d’une étrange devise : "Il faut immédiatement former des commandos", dixit un ancien de la base, responsable des moyens techniques et agent du 2e bureau, Ahmed El Ouafi. Le même témoin révèle, en aparté, que le colonel Sbaï, directeur du lycée militaire à Kénitra, avait écrit à Medbouh en 1969 pour lui signaler, déjà, que "Amekrane préparait un coup d’État à partir de la base militaire de Kénitra". Avec Medbouh, le message est tombé dans l’oreille d’un sourd. Après le coup de Skhirat où la responsabilité ou, pour le moins, la complicité passive d’Oufkir et de nombreux autres officiers (dont Amekrane, probablement) n’a jamais été démentie, le climat de suspicion a encore gagné en ampleur. Et l’organisation des renseignements ne s’est pas arrangée. Medbouh éliminé, c’est Oufkir et, dans l’ombre, Lyoussi qui montent en puissance. Quant à Benhima, parachuté à la tête du ministère de l’Intérieur, il est loin de maîtriser la situation. Pas franchement rassurant. Les trois principaux instigateurs de l’attaque du Boeing royal, en 1972 (Oufkir, Amekrane et Kouera) s’amusaient même, en privé, à se faire appeler par des noms de code : Oscar, Alpha et Kilo ! Le trio a pu, avant le putsch, obtenir la mutation d’un gouverneur, le colonel Hosni Benslimane, de Tanger vers Kénitra, "histoire de le surveiller de près". Étrange retournement de la situation : c’est le corps de la gendarmerie, et ses services de renseignement, dirigés, entre autres… par Benslimane et Laânigri, qui sont montées en flèche depuis le ratage du coup du Boeing. Quant à Lyoussi, il a pu sauver sa tête, mais au prix d’une retaite forcée et dorée, dans le monde des affaires, loin des turpitudes du renseignement militaire.

JE TERMINE PAR UNE REMARQUE :(en sens d'humour)

" Sa Majestée le roi feu HASSAN II a laissé entendre aprés ces événements, en répondant intellegement à des journalistes dans une conférence de presse, : qu'il était trés décu par l'inéfficacité de ses avions de chasse,et par la mauvaise précision de ses meilleurs pilotes,ayant maleureusement  échoué à leur première épreuve de tir  " air-air "!?

( à suivre les événements de mars 1973..?)chihab-25


jeudi, 19 juin 2008

Le général Oufkir,la gauche marocaine,voulaient abattre HASSAN II.Une des séquelles de la guerre des sables -Maroc/Algérie 1963 -

                 Quand la gauche  marocaine en cavale, la traitrise du général  Mohamed OUFKIR, voulaient abattre dans les cieux,  feu S.M. le roi Hassan II,que Dieu ait son âme,  avec la complicité de l'Algéchien Boukharrouba(?) Mais la puissance d'allah était présente,et plus forte que la haine.

                                                                                                               


 

 

Article 1           

 

             Le Président algéchien, le colonel Houari Boumediene (alias Boukharouba) avec son esprit haineux, veut jouer avec le feu, pas aux alentours de la frontière algéro-marocaine, mais à l'intérieur du Maroc,après avoir été giflé à l'est par le président Tunisien Habib Bourguiba,qui prenait toutes les précautions pour éviter l'ingérence algérienne dans son pays; en avertissant les nouveaux venus, par une mise en garde bien connue dans toute l'afrique du nord, leur disant,à voix haute, sur les ondes de la radio tunisienne, son fameux avertissement, en arabe dialectal d'humour très clair " Attention :l'Entrant, je connaît sa mère,et le Sortant, je connaît son père? " ce qui donne l'impression de  leur de dire: Attention aux bâtards,que vous êtes:

                                                                  (.. الداخل نعرف امو  والخارج نعرف اباه )

              Le but de Boumediene était clair,faire tomber le mur de la monarchie marocaine par les pelles et pioches des marocains eux-même pour voir visiblement les eaux de l'océan.Se baigner dans les eaux de l'atlantique,il faut y avoir de belles performances,et avoir du courage pour affronter les vagues érigées, et de ne pas être noyé dans l'abîme plongée !.Boumediene n'avait pas cette qualité,mais il prétendait pouvoir y arriver dans l'atmosphère de la guerre froide qui battait son plein, et l'encouragement des ténors du clan URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques)..Cela étant, pour compenser la défaite de la guerre des sables menée par son prédécesseur,et faire atténuer son inextinguible soif à la haine animée par un esprit revanchard contre  le Roi Hassan II en personne, qui constituait pour lui le pilier de la classe impérialiste bourgeoise (?). Les soviétiques de leur coté, soutenaient silencieusement Boumediene dans cette aventure, en vengeance de Hassan II qui les a décu, disaient-ils, en jetant l'accord tripartite(Urss -Maroc -Algérie) signé en 1964 pour l'exploitation commune du gisement de fer de Ghar Garat  Jbilat dans la région de Tindouf.

              En balayant le terrain,il croyait atteindre facilement les cotes-est de l'atlantique,tout au long du littorale marocain,et tenir les commandes sans jumelles des cotes-ouest de cet atlantique,facile aussi de contrôler à distance le pays de l'oncle Sam.Mais le but qui l'intéresse le plus,c'est de jeter le filet sur les destinées du régime royal marocain, et en finir,une fois pour toutes, avec cette monarchie imbattable.Et pour se faire,il lui a fallut mobiliser des moyens logistiques énormes du point de vue psychologique,et ses potentialités malveillantes et promouvoir le déclenchement,aux coups surs, d'un nouveau coup d'état contre Hassan II..après le putsch manqué du général El Madbouh et le colonel A3babo,l'année dernière (10/7/1971).

                 Toutes les mesures pour y arriver à cela,auraient été prises discrètement ,en misant sur le rôle capital que doit jouer le général Oufkir dans l'exécution du planning,arrête à cette fin par Boumediene. qui aurait contenu trois points essentiels :

              1)inciter les opposants unfpistes,en exil volontaire,ou plutôt en cavale en algérie à y participer au complot dans son volet politique.(-Mohamed lakhssassi,Mohamed ait kaddour,Mohamed Benyahia et Mohamed Fkih Basri)

           2)Offrir à Oufkir et à ceux avec qui il pactisait,le soutien total logistique et financier nécessaires pour la réussite de cette mission.

         3)Soutenir au préalable  ce fils du pacha de Boudenib, dans ses démarches de préparation par le biais des services secrets algériens, logés pour la circonstance, dans la représentation diplomatique algérienne à Rabat,en achetant à prix fort exorbitants, les esprits fragiles des officiers supérieurs qui manifesteront le désir d'en finir avec Hassan II,surtout dans la Force Royale Air des Forces Armées Royales.

               La branche de l'USFP(Union Socialiste des Forces Populaire) qui s'est donnée naissance en 1975 de l'UNFP(Union Nationale des Forces Populaires) n'a pas  été toujours démocratique et pacifiste.Le prestige  moral des dirigeants unfpistes en prend un sacré coup. Oui,pour Abderrahmane Youssefi et ses amis,la fin a justifié  les moyens.Pour venir à bout de ce qu'ils considéraient comme le mal absolu - le régime de Hassan II-.ils ont pactisé malgré eux, avec les militaires et surtout avec Oufkir le très probable assassin de Mehdi Ben Barka.Ce passé,ils ne l'assument pas.Mais l'inextinguible soif des unfpiste de connaitre leur passé fait son oeuvre. C'est pas moi qui le dit,si on croyait, que dans la nouvelle ère de Sa Majestée le roi Mohamed VI que dieu le glorifie, .Toutes les langues  et les voix,chez la gauche marocaine, se sont déliées la réprobation de " la lettre de Fkih Basri " publiée en novembre 2000, apportant un gros lot de révélations, provoquant une polémique chez la classe politique nationale - tous partis ,et observateurs politiques confondus-.Les faits révélés par cette lettre et autres ouvrages, sont aujourd'hui au-delà du doute.Les dirigeants de l'UNFP ont été bel et bien,partie  prenante de la tentative de coup d'État de 1972.

                Alors,qu'est-ce-que s'est passé au juste ce jeudi 16 aout 1972 ?.Quelles sont les raisons qui ont conduit les avions chasseurs marocain  (des F5 de la FRA de la base de Kénitra)  à perpétrer de tel drâme ?,attaquer sans merci, l'avion royal, un boeing 747 en plein espace aérien national ?.

           Pour répondre fidèlement à ces interrogations, je citerai ci-après, les moments douloureux, que j'ai eu l'occasion de vivre personnellement à chaud à partir de l'étranger. Car à l'époque, je passait mes vacances avec des amis en Europe, en la qualité de touriste,voyageant à bord de voiture et en camping.Ce qui  m'avait permis de suivre cette histoire, dans toutes ses étapes, par la presse locale, Belge et Française.

              Nous sommes arrivés à Paris il y a presque deux semaines,durant lesquelles nous avons appris que Sa Majesté le roi Hassan II s'y trouvait en visite privée.Le moment où nous nous circulions à bord de notre voiture dans le boulevard Saint Michel,une artère de grande renommée à Paris, deux hommes nous font le signe de serrer à droite et d'arrêter.!  C'étaient des gardes du corps de Moulay Ahmed El Alaoui, qui accompagnait souvent le souverain dans ses voyages hors du pays. Leur attention et celle de leur patron, fut attirée par la plaque d'immatriculation du Maroc ( -40 rbatia) que portait notre voiture (une FIAT 1500 Immatriculée sous N° 9434-40المغرب) Ce Ministre d'État sans porte-feuille, nous immobilisait en plein boulevard Parisien pour nous dire avec certaine ferveur que :C'est comme ça, que je veux voir les marocains,sortir de leur pays, pour mesurer sa valeur,et proposa par la suite, sa volonté de nous  servir durant notre séjours à Paris.       

 

         Le 16 août 1972,c'était un jeudi,j'ai pris la route avec un de mes amis pour la Belgique pour rendre visite à un de nos marocains, dans un petit village au sud de la ville de Liège "Jemeppe",là où nous sommes arrivés vers 18h,notre copain nous avait acceilli avec une grande tristesse sur son visage en nous annoncant la mauvaise nouvelle:

" L'AVION ROYAL A ETE ATTAQUE CET APRES MIDI, ET LE SORT DU SOUVERAIN RESTE INCERTAIN "sans rien ajouter d'autre.

       Nous restions bouches baies,éffrayés,fixés devant le poste de la télévision.Le speaker de la RTBF annonca d'un moment à l'autre le message suivant,avec intermèdes de pages de publicité :

" NOUS RAPPELONS A NOS TELESPECTATEURS,ET AUX 8.000 MAROCAINS EN BELGIQUE, QUE LE ROI HASSAN II EST SAIN ET SAUF.VOUS SAURIEZ PLUS , DES QUE LA LIAISON ,AVEC NOTRE CORRESPONDANT SUR PLACE SERA ETABLIE " fin de citation

         Le lendemain,tous les journaux affichaient dans la première page, avec la manchette rouge, et photos à l'appui, : le souverain en tenue marocaine traditionnelle(chechia rouge-jabadour-jellaba blanche),et une  belle femme, habillée en jelleba et en voile d'autrefois :

                                " HASSAN II,ROI DU MAROC EST VICTIME D'UNE HISTOIRE D'AMOUR !

                    
                                            
                                          
 
                                              ( à suivre.. d'autre articles décrivant la suite) Chihab-25

 

 

 

 

 

 


samedi, 07 juin 2008

6°PARTIE DE LA GUERRE DES SABLES 1963 -MAROC/ALGERIE -

  ...et encore les retombées de cette sale guerre des sables.

                   

                   Qui connaissait les noms de Hassi-Beida et de Tinjoub avant octobre 1963?, ces pauvres bordj-points d'eau perdus dans les sables, à quelques dizaines de kilomètres au sud-ouest de Mhamid lghazlan et pas de  dizaines de kilomètres de Colomb-Béchar comme cela est avancé par les écrits de certains journalistes étrangers? A peine quelques nomades. Mais, depuis que le canon s'est remis à tonner, il n'est plus personne qui les ignore en Afrique du Nord et dans les chancelleries du monde entier. Après tant d'autres frontières, la ligne qui sépare l'Algérie du Maroc prend sa place dans la genèse d'une guerre.

                   C'est ce qui étonne. On pouvait admettre que le Rideau de fer, telle frontière dans les Balkans en Serbie,en croitie ou les  autres confins asiatique-Africains puissent à la rigueur susciter un conflit. Mais comment concevoir chose pareille entre deux États à peine sortis de leur histoire coloniale, deux pays que rapprochent la race, la langue, la religion et le passé? Les faits sont là. «Pour la première fois dans l'histoire du Maroc et de l'Algérie, le sang marocain a coulé», déclarait juste après l'accord de cessez-le feu signé à Bamako M. Abdelhadi Boutaleb, alors ministre de l'Information de S.M. le roi Hassan II. Depuis, de violents affrontements allant jusqu'au corps-à-corps ont opposé plusieurs milliers de combattants. Des dizaines de morts. Des dizaines de blessés. Comment en est-on arrivé là et pourquoi? C'est une longue histoire. Elle remonte au jour où M. Allal el-Fassi leader du Parti de l'Istiqlal marocain fit publier une carte du Grand Maroc. On était en 1956. Mohammed V venait de retrouver depuis peu son trône, et le Maroc, son indépendance. M. Allal el-Fassi revendiquait une large partie du Sahara algérien allant jusqu'à  Ain saleh,Tamanrasat et le hoggar ,et de la Mauritanie, jusqu'à Saint-Louis au Sénégal. […] Pendant plusieurs mois, les revendications de M. Allal el-Fassi ne furent guère prises au sérieux. On y voyait l'expression de rêves historiques,ce voeux est toujours de rigueur chez le Parti de l'Istiqlal, faisant de ce mirage,le principe parmi ses priorités. Mhamed Boucetta n'a pas manqué de le souligner ouvertement sur l'antenne de 2M (invité à l'émission mensuelle de Samira Steil " FI LWAJIHA " en 1996).

                    Tout changea quand Mohammed V reprit officiellement à son compte ce programme. […]  S.M.le roi Hassan II a poursuivi la politique de son père. Quelques mois après l'accession de l'Algérie à l'indépendance, il fit savoir qu'il était temps d'ouvrir le dossier. Alger temporisait. Sur le terrain, la situation se dégradait lentement. Quelques communiqués de la MAP, l'agence de presse nationale marocaine, signalaient de temps en temps des «incidents» que les Algériens passaient la plupart du temps sous silence. Des mouvements de troupes suivirent. Mais personne ne prenait la situation au tragique. […] La mise en valeur du Sahara devait permettre de dépasser les problèmes de territoire et fonder la prospérité commune dans un avenir commun. Au contraire, au fil des mois, les divergences se sont accusées, jusqu'à apparaître aujourd'hui insurmontables. […]

                     Les trois chefs d'État d'afrique du nord-S.M. le roi Hassan II,Le président Habib Bourguiba,et Ben Bella, ne s'estiment guère. Leurs choix politiques respectifs les éloignent et leur course au leadership africain les sépare. L'Algérie «révolutionnaire» est condamnée à aller de l'avant. Et, comme le disait le colonel Boumediene à un journaliste égyptien, son dynamisme ne peut pas plus se limiter à ses frontières que le colonel Nasser n'a pu se confiner dans la vallée du Nil. La révolution «arabo-islamique» doit gagner les peuples marocain et tunisien. Pour Alger, le Maroc vit sous une dictature monarchique et féodale, tandis que la Tunisie végète sous une dictature réformiste téléguidée derrière le rideau par Wassila, la première dame du pays(l'épouse de Bourguiba). Autrement dit, l'unité du Maghreb doit passer par un changement de régime dans les deux États «frères»disait encore Boumediène. Ni Rabat ni Tunis n'ont ignoré jusqu'à présent cet état d'esprit. Comment s'étonner dans ces conditions du peu de chaleur - c'est le moins que l'on puisse dire - qui a régi ces derniers temps les rapports nord-africains?

                      En fait, l'orgueil et le nationalisme marocains ne le cèdent en rien à ceux des Algériens ou des Tunisiens. C'est ce qui aggrave le conflit. Dans un tel contexte, une contestation de frontières prend des proportions démesurées.S.M. Le roi Hassan II ne peut pas renier Mohammed V. Des raisons politiques -purement politique- ont amené M. Ben Bella à conduire jusqu'à l'affrontement ouvert un différend latent. S'agit-il d'un conflit inévitable entre un régime «socialiste» et une monarchie «bourgeoise»? Plus probablement, de préparer des positions de négociation.

                 Ahmed Ben Bella : était le «Che Guevara algérien»
                 (((..Le 9 octobre 1967, dans une petite salle d'école en Bolivie,Le vrais Che Guevara, fait prisonnier la veille, était assassiné. Celui que Jean-Paul Sartre qualifia d'« être humain